Conférence - Films Lumière

Depuis la naissance du cinématographe en 1895, les paramètres fondamentaux du cinéna n’ont pas bougé. Les dispositifs, certes amélioré depuis, restent les mêmes. Contrairement aux autres arts, pourquoi assistons-nous à une pareille fermeture ? Pourquoi les paramètres “tiennent le coup”?
Présente dès l’origine, il y a dans le cinéma la lutte entre le pôle tendancieux au spectacle, alors que l’autre échappe, résiste à ce coté “artifice”. Les champs dans lesquels cet art hybride va se développer mélange attractions foraines (un fort désir de “voir”) et la photographie (mais qui en partie, lui échappe aussi). Les attractions foraines sont hors de l’histoire, c’st une consommation immédiate. Contrairement à la photographie qui elle témoigne de son temps.

Au XIXème siècle, les images animées existent en très grande quantité. Il y a une foule d’inventeurs qui mettent au point des dispositifs pour créer des images animées. Mais le cinématographe va très rapidement l’emporter, il y a avec lui une représentation du mouvement si puissante qui n’existait pas. Cette surabondance d’images est le symptôme d’un désir d’intensifier les puissances lié à la vue (la représentation visuelle peut être rapproché des grandes descriptions fait alors dans les romans).
Les hommes ne pouvaient pas se contenter des images fixes. Si des milliers d’homme se sont acharné à pouvoir créer des images animéees, c’est tout simplement l’idée que la vie est plus forte que la mort, c’est un enjeu, une sorte de défi lancé à la mort elle-même. On laisse une trace vivante, laissé par le coprs et qui contrairement à lui va survivre. Cependant le cinéma est la représentation la plus exacte de la vie.

  • 1er film : Sortie d’usine

Les ouvrières de l’usine Lumière qui en sortent. C’est le premier film projecté au public. Il existe trois versions. L’ordre nous est inconnu. On suppose bien sûr que Louis Lumière n’était pas content des deux premières fois, qu’il a donc fait trois prises. Dans les deux premières versions nous voyons bien qu’ils n’ont pas fini de sortir et de fermer la porte. Il y a une préoccupation narrative avec un début, et une fin. On pourrait donc dire que le film possède une double nature; un documentaire mais avec de la fiction. Le cinéma transforme la réalité ; ils jouent pour la caméra. Le fait de filmer produit, induit une dimension fictionelle, une (auto) mise en scène, consciente ou non.
D’emblée, le cinéma est “enchanteur du monde” ; Il est un allégement du poids de la vie, du travail, du labeur…

Le cinéma est un art quasi contemporain, mais pourtant entouré de mystères.

  • 2ème film : Congrès de photographes

(Note : Certaine ironie de la part des Lumière =P)

Le cinématographe permettant d’enregistrer, développer et de projeter à la fois permet de voir rapidement ce que l’on a pu filmé. Les photographes qui se sont vu ont dit que c’était une expérience très étonnante. Être là mais être à l’écran également. Malgré que l’écran soit plat, on a l’illusion du 3D.

Le cinéma permet une compression temporelle (ce qui a fait une des raisons de son succès). En quelque mois, il a conquis le monde (émissaires des frêres Lumière parti au quatre coin du globe). La capacité d’être partout est un vieux mythe. Le cinéma en naissant prend en charge cette utopie.

  • 3ème film - Bébé

Bébé regarde la caméra. Il y a une relation complexe entre la caméra et celui qui est filmé (parti consciente et non-consciente). En réalité c’est la caméra qui filme. Les machines n’ont pas d’âme mais on faisait comme si elle en avait une.

  • 4ème film - Arrivée d’un train en gare de la Ciotat (Note : film projeté ultérieurement à la 1ère séance au Grand Café !)

Les films Lumière se caractérise au départ par les cadres fixe. Le cadre fixe découpe le champ visible. La fixité du cadre accentue la dynamique des corps. Le hors-champ existe.
L’image n’a aucun rapport avec notre champ visuel :
=> Cadré (l’oeil humain n’est pas cadré ; c’est une violence visible circonscrite).
On voit d’abord du cadre, ce rectangle ; Image radicalement différente.
=> Depuis 1895, la caméra fonctionne toujours avec une lentinne (Vision monoculaire). Contrairement à nous qui possédons deux yeux (vision binoculaire).

Légende de ce film : Les spectateurs prennent peur lorsque le train arrive.
Ils ont peur du degré de puissance de la représentation de la locomotive.
Définir la place du spectateur : Je sais que je suis au ciné, que j’ai payé, que c’est un film projecté à l’écran, conditions matérielles… Il y a beaucoup d’effets réels de la séance.
>> “Je sais bien mais quand même je vais croire à ce que je vois” Je maintiens active les deux propositions contradictoires. On arrive à des situations de complicité, expérience subjective où pendant un temps il renonce au concept non contradictoire. Dans la tête du spectateur, les contraires peuvent exister pacifiquement.
Le spectacteur ne répondre ni “oui” ni “non” mais “oui et non”. Refus de choisir. Cette pression est suspendu. Nous nous évadons de cette contrainte provisoirement. Elle mèle étroitement la croyance et le doute. Ce mélange nous permet de supposer que le spectacteur relativise la croyance. Dans le monde réel, je crois ou je ne crois pas en Dieu. Au cinéma, j’y crois et je n’y crois pas.

La diagonale de l’écran est plus longue, l’action dure plus longtemps.

  • 5ème film - Arrivée du cinématographe à Londres.

A venir.

  • 6ème film - Démolition d’un mur.

A venir.

  • Autres films projetés :

- Atelier de la Cista (mauvais timing ! L’auto mise en scène est légèrement raté (moment d’attente)).
- Les faneurs
- Attelage d’un camion (diagonale extraordinaire)
- Laveuses sur la rivière (qui contredit complétement la diagonale et l’action !)
- Arrivée de brecks en voitures de Chamomille.
- La petite fille et son chat (Jamais un chat n’a joué aussi bien ! ; Le cadrage serré contraint les corps à l’intérieur du champ).
- Ramassage du linge.

~ par seven7stars sur janvier 7, 2008.

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